Redéfinir l’espace avec Shirin Abedinirad

Mirrored Ziggurat

Shirin Abedinirad est une plasticienne iranienne née en 1986 à Téhéran. Après avoir suivi une formation en arts plastiques, la jeune femme a eu l’occasion de collaborer avec Benetton au sein de la Fabrica, leur centre de recherche basé à Treviso en Italie, et a ensuite réalisé des performances dans divers pays tels que l’Iran, la Turquie, l’Espagne et l’Inde. Évoluant désormais entre Téhéran et Florence, elle offre à travers trois installations en extérieur une nouvelle définition de l’espace et du land art.

Ses oeuvres bousculent et réinterprètent notre manière d’appréhender l’environnement immédiat. Un désir profond semble émaner de ces éléments disposés çà et là de façon parfaitement calculée dans le but de redéfinir l’avancée de chacun au sein d’un paysage tantôt naturel, tantôt urbain. L’artiste nous invite ainsi à imaginer de nouveaux schémas de perception, et à prendre en compte notre proximité avec les éléments qui nous entourent, notamment la terre et le ciel.

Mirrored Ziggurat

Mirrored Ziggurat

Mirrored Ziggurat

Mirrored Ziggurat (2015) est une structure pyramidale faite de miroirs dont la forme s’inspire des Ziggurats, d’anciens temples de Mésopotamie. Mise en oeuvre dans le cadre de l’Underbelly Arts Festival de Sydney, en Australie, l’installation a pour ambition de relier la terre et le ciel à travers un escalier qui semble vouloir connecter la nature et les hommes. La perception modifiée de l’espace amène les spectateurs à prendre le temps de s’interroger sur leur propre vision du monde, qui tout à coup devient un lieu fait d’illusions d’optiques et de reflets. Soudain, chacun est en mesure de s’observer évoluer au sein de son environnement immédiat, comme à travers le prisme d’un troisième oeil. Déconnecté de son enveloppe corporelle l’espace de quelques secondes ou minutes, le spectateur se retrouve ainsi à la fois dans et en dehors de l’oeuvre.

Evocation

Evocation

Evocation

Pour Evocation (2013), l’artiste a placé des miroirs ronds dans le désert. Ces éléments qui réfléchissent le ciel et le soleil accompagnent l’avancée des promeneurs dans le sable en offrant une autre vision du chemin à parcourir. La frontière entre la terre et le ciel s’estompe, et le manque d’eau se fait plus criant à la vue de ces cercles ornés de bleu qui prennent l’allure de minuscules plans d’eau au milieu de ce paysage aride. Le désert iranien se pare ainsi d’un ensorcelant mirage qui balaie l’étendue dorée d’un horizon sans fin. En métamorphosant la nature sous un angle trompeur, l’artiste met en avant la relation perceptive relative qui existe entre les hommes et les éléments.

Heaven on Earth

Heaven on Earth

Heaven on Earth

Enfin, dans Heaven on Earth (2014), des marches d’escalier ont été recouvertes de miroirs pour altérer la perception logique de l’environnement. L’oeuvre entraîne à repenser son avancée, vérifier la fiabilité de chaque pas et lutter contre la sensation de malaise provoquée par une absence de repères standards. La lumière est un concept essentiel dans la culture persique, aussi les miroirs ainsi disposés créent une forme de paradis artificiel qui transforme le monde qui nous entoure et nous oblige à l’observer d’un oeil nouveau. Le ciel devient la terre et la lumière se matérialise presque sous les yeux des spectateurs.

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